L’État consulte jusqu’au 9 novembre sur un projet de décret censé protéger les captages d’eau potable. En l’état, il ne protège pas : il constate. C’est un dossier clé de santé publique !

L’avis d’Arc Fleuve Vivant, en bref :
Arc Fleuve Vivant, membre de FNE (France Nature Environnement) Provence-Alpes-Côte d’Azur, a déposé un avis défavorable.

Ce que nous observons sur notre bassin :
Une pollution qui dure. Quatorze pesticides différents ont été retrouvés dans l’Arc. Le produit de dégradation du glyphosate est présent dans presque tous les prélèvements, et rien ne s’améliore depuis 2009. En 2018, on a encore mesuré du glyphosate dans la Touloubre à Aix, dans l’Arc à Berre et dans la Cadière.
Une nappe déjà perdue. Les alluvions de l’Arc de Berre sont dégradées, surtout par des pesticides aujourd’hui interdits. Cette nappe n’est plus considérée comme une ressource possible pour l’eau potable. C’est ce que produit l’attente.

Ce que prévoit le texte :
Il déclenche l’action trop tard. Un captage est dispensé de protection tant que la pollution reste sous 80 % du seuil autorisé pour l’eau potable, et un premier dépassement est toléré. Il n’est déclaré prioritaire qu’après deux dépassements à 90 %.
Les collectivités déclarent elles-mêmes cette dispense, même faute d’analyses suffisantes.
Il écarte en pratique les pollutions dues aux pesticides interdits.
Il prévoit des mesures conditionnelles, qui ne seraient pleinement obligatoires qu’au bout de plusieurs années.

Ce que nous demandons :
Les neuf exigences de France Nature Environnement : agir dès 60 % du seuil, prendre en compte les pesticides interdits, protéger les zones humides et les sols qui s’érodent, rendre les mesures obligatoires, développer l’agriculture biologique, raccourcir les délais et rendre les résultats publics.
Nos demandes propres à un bassin méditerranéen :
– aucune dispense sans analyses suffisantes ;
– les désherbages des routes, des voies ferrées, des communes et des jardins visés eux aussi ;
– une règle adaptée aux sous-sols calcaires de Provence et aux sécheresses ;
– la protection des ressources d’avenir ;
– les polluants éternels (PFAS) pris en compte ;
– une vraie place pour la commission locale de l’eau ;
– le pollueur qui paie, pas l’usager.

Vous trouverez l’avis complet d’Arc Fleuve Vivant en PDF ici.

À vous maintenant de vous exprimer sur le site du ministère du développement durable : https://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=article&id_article=3464
Plus nous serons nombreux, plus ce texte pourra changer. Prenez cinq minutes et déposez votre avis avant le 9 novembre. Écrivez avec vos propres mots : les copier-coller identiques comptent peu.
Pour vous aider à rédiger, voir aussi les arguments de FNE :
https://fne.asso.fr/actualites/pesticides-demandons-au-gouvernement-de-proteger-notre-eau-potable

Illustration issue du site web de FNE.