Arc Fleuve Vivant : Non à la ZAC de la Constance

L’enquête publique sur le projet de ZAC (Zone d’aménagement concertée) de la Constance à Aix-en-Provence s’est close il y a quelques jours. Arc Fleuve Vivant a donné un avis négatif.

Le projet de la Constance sur les hauteurs d’Aix-en-Provence ne date pas d’hier. Adopté en 2015 par le conseil municipal, mis en pause par les services de l’État qui réclamaient de compléter les études environnementales, notamment en matière d’accessibilité, il vient de faire l’objet d’une enquête publique, une procédure obligatoire pour tout projet d’urbanisme d’envergure permettant à tous de s’informer et donner un avis, dernière étape avant le lancement.

Prévoyant la construction de 3 600 logements, l’urbanisation de 48 hectares et l’imperméabilisation de 80 hectares, dont 32 de terres agricoles, dans un triangle formé au nord par la fondation Vasarely, au sud par la voie ferrée désaffectée Aix Rognac, cerné par les autoroutes A8 et 51, ce projet apparait à Arc Fleuve Vivant poser des problèmes majeurs en termes d’impacts sur l’environnement, stérilisant notamment un vaste espace resté partiellement naturel et détruisant une biodiversité qui n’interagira plus avec l’Arc, comme avec la riche ripisylve d’un affluent de l’Arc, la Thumine, toute proche, et en termes d’impacts sur la santé des populations futures de résidents et d’usagers de ce projet de ZAC, comme ceux des quartiers alentours dans une zone déjà très polluée par le trafic automobile et qui ne manquera de s’accroitre encore si ce projet était réalisé en l’état.

Retrouvez l’avis négatif d’Arc Fleuve Vivant sur ce projet de ZAC de la Constance dans sa totalité en cliquant sur “Avis motivé porté sur la ZAC de la Constance par l’association Arc Fleuve Vivant”.

Illustration : la Thumine, cours d’eau qui traverse le projet de ZAC de la Constance en bordure ouest, du nord au sud, avant de se jeter dans le fleuve de l’Arc au niveau de la zone commerciale de la Pioline. Son cours est en partie busé, notamment à son arrivée sur la zone de la Pioline, route de Valcros, où notre association a pu constater, entre autres, en préparant son avis sur le terrain de la ZAC de la Constance, le manque d’entretien des grilles de filtrage. Malgré tout, le ruisseau, là où il peut encore respirer à l’air libre et être alimenté en eau, garde une belle ripisylve (forêt des berges).
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Biodiversité de l’Arc : la vie commence ici

Plus on connait l’Arc, plus on l’apprécie et plus on a à cœur de le protéger.

Pour faire mieux connaitre le fleuve de l’Arc et ses affluents trop invisibilisés par l’urbanisation ces dernières décennies et dont l’importance vitale pour notre territoire est également trop minimisée, notre association Arc Fleuve Vivant lance une nouvelle rubrique sur son site web, intitulée Arc, le fleuve.

Dans cette nouvelle rubrique, nous allons régulièrement diffuser des articles de fond sur différentes thématiques, dont la biodiversité, avec une première publication traitant précisément de là où débute : Arc Fleuve Vivant, la vie commence ici.

Bonne lecture et attendez-vous, peut-être, à être surpris !

Illustration par Philippe Chabanon, administrateur AVF LPO.
AFV Licence CC BY NC SA.

Lettre ouverte aux Moustachus de Deluxe


Votre Super Moustache Festival va bientôt battre son plein près de mes rives et je vous écris, car je suis inquiet pour toute la biodiversité que j’abrite. Comme je sais que vous êtes aixois, j’imagine que vous avez deviné qui je suis. 

Oui, c’est moi l’Arc, le petit fleuve au bord duquel vous aimez peut-être vous promener ! Je ne suis pas aussi fringant que vous. Moi, je suis apparu bien avant les dinosaures, la Sainte-Victoire et la Méditerranée. Et aujourd’hui, on ne peut pas dire que je suis à la fête !

Désormais, on entrave mon cours et celui de mes affluents sous le béton et mon eau est le reflet de la pharmacopée de l’homme moderne : nitrates, nitrites, benzènes, plastiques, antibiotiques… Je pleure la vie aquatique et les baignades d’antan qui autrefois égayaient mon parcours du Mont Aurélien jusqu’à l’étang de Berre !

Je me rappelle encore le bon temps des virées au pont des Trois Sautets de deux élèves du lycée Mignet : un certain Paul Cezanne, fils de banquier qui rêvait des beaux-arts dans sa bonne ville d’Aix, et l’autre, Émile Zola, fils d’émigré italien, risée de ses camarades qui l’appelaient « GorgonZola », et qui se destinait au journalisme ! Il paraît que j’ai laissé une trace dans leurs œuvres.

Tout vieux que je suis, je reste, sans me vanter, le lien et l’artère vitale qui traverse et irrigue la Provence, avec mon chevelu d’affluents. Mes arbres poussent grâce à mon eau et abritent les oiseaux qui chantent dans ma ripisylve, la forêt très spéciale de nos berges que nous, cours d’eau, faisons naître. Ceux-ci ont des goûts très sélectifs et s’ils peuvent se délecter de la musique douce, ils sont faciles à effaroucher et le rock ne leur va pas du tout !

Et voilà maintenant que je suis enclavé, rompu, cerné de toutes parts, des Moustachus viennent, en plus, installer un Super Moustache Festival à deux pas des quelques berges disponibles que les promoteurs n’ont pas encore raflées  ! 

Je suis flatté, mais comprenez que je sois inquiet. Je sais que vous êtes débordants d’énergie et de créativité. Mais moi, mes arbres, mes animaux, nous sommes devenus très fragiles, avec le réchauffement climatique, en plus, qui nous fait déjà souffrir. Alors, faites bien attention à nous, pensez à nous protéger et aidez-nous à pouvoir exister encore un peu !

Merci, les Moustachus, de prendre en compte mon message et de le diffuser auprès de vos fans et des participants au festival. Croyez-moi, ce ne sera pas Duluxe ! Au fait, pour en savoir plus sur moi et soutenir mes droits à exister et les droits de la nature, il vous suffit de consulter mon site web arcfleuvevivant.fr.

Hasta la vista ! Arc Fleuve Vivant, qui aimerait bien le rester.